Test Harden Vol. 10 : Encore !

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Beaucoup de basketteurs ont pour habitude, lorsqu’ils trouvent chaussure à leur pied — pun intended — de garder la même paire, puis de la racheter, et la racheter encore. On dirait bien que James Harden fait partie de cette team.

Les chaussures signature évoluent généralement au gré des besoins de l’athlète, des retours des joueurs et des évolutions technologiques de la marque. Mais depuis la Harden Vol. 7, adidas semble avoir trouvé une recette à laquelle James Harden ne veut plus vraiment toucher.

Même shape générale, même forme de plateforme, même chausson interne, toujours une coupe basse et un amorti construit autour d’une nouvelle déclinaison de Boost. Alors cette Harden Vol. 10, simple évolution esthétique ou vraie évolution sur le terrain ?

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Traction

On prend les mêmes ingrédients, et rebelote. La traction de cette Harden Vol. 10 est composée d’une multitude de lignes individuelles qui viennent former un motif radial. La gomme est plutôt très pliable et n’a pas cette texture particulièrement collante au toucher. Ça donne une traction qui met un peu de temps à se montrer réellement efficace, ou plutôt à exprimer son plein potentiel.

Sur les mouvements latéraux, RAS. La chaussure s’arrête assez précisément, même sans produire énormément de squeak. Sur les mouvements d’avant en arrière en revanche, j’ai trouvé le résultat un peu moins précis. La qualité de l’arrêt semble davantage dépendre de la charge appliquée et du mouvement exécuté que de sa simple capacité d’accroche intrinsèque.

C’est surtout sur la poussière que j’ai senti la traction se dégrader un peu plus rapidement que la moyenne. Heureusement, celle-ci s’enlève très facilement et quelques passages de main suffisent généralement pour retrouver du grip. Dans l’ensemble, la traction reste donc fiable. Les arêtes légèrement arrondies de la plateforme encouragent aussi le pied à être un peu plus agile et l’ensemble offre suffisamment de grip pour garder confiance dans ses appuis. Mais on n’est clairement pas sur la traction de l’année.

Adidas Harden 10

Amorti

Semelle intermédiaire en Boost+, complètement encapsulée dans le upper, avec une plaque de maintien et de torsion apposée par dessous en bottom loaded : voici le set-up de cette Harden Vol. 10. Une énième déclinaison de Boost, vous me direz. Ce à quoi je répondrai simplement : oui !

En termes de sensations, c’est surtout une paire qui montre deux visages. Et ce que vous allez réellement ressentir dépendra beaucoup de votre profil, mais aussi de votre patience. Je m’explique. La chaussure est assez rigide dans sa construction. Il n’y a pratiquement aucune semelle intermédiaire exposée et l’enveloppe extérieure fait presque office de coque.

À l’intérieur, le Boost+ est connecté au pied par l’intermédiaire d’un strobel en tissu fin et perforé, lui-même simplement surmonté d’une semelle de propreté très fine. Le pied repose donc quasiment directement sur le Boost+ et on peut sentir la mousse se compresser légèrement sous le poids du corps. Mais le problème — ou plutôt la particularité — vient de la plaque de maintien placée sous la semelle. Sa forme en « H » vient s’étendre jusque sous les deux côtés de l’avant-pied. Lorsque l’on appuie sur la semelle extérieure avec les doigts, on sent très bien le Boost+ pouvoir s’enfoncer au centre, alors que les extrémités restent beaucoup plus contraintes par cette plaque.

Et c’est là que toute la construction prend son sens. La mousse possède de la compression, mais la rigidité de la structure qui l’entoure vient fortement contenir cette compression. Résultat : sous le pied, on ne ressent pas immédiatement tout ce que le Boost+ serait théoriquement capable d’apporter.

Au début, entre cette structure très rigide et un upper lui aussi assez épais, l’expérience n’est donc ni la plus fluide ni la plus confortable. En revanche, cette construction prend davantage de sens pour les joueurs puissants, capables de charger fortement leurs appuis, ou ceux qui ont tendance à planter le pied plus à plat dans le sol. Ils auront plus de facilité à solliciter la mousse et à faire travailler l’ensemble de la plateforme que des joueurs légers ou très shifty.

Après une vraie période de rodage — ou quelques sessions à très haute intensité — la chaussure s’assouplit considérablement. Le Boost+ commence alors à mieux s’exprimer et on gagne progressivement en vivant sous le pied. La foulée ne devient jamais particulièrement fluide, mais l’amorti se fait beaucoup plus présent et agréable. Les joueurs plus légers n’auront peut-être tout simplement pas la possibilité de profiter autant de cette évolution.

Adidas Harden 10

Fit et matières

Le plus gros point fort de cette adidas Harden Vol. 10 est probablement son fit. Je suis parti sur mon 14 US habituel, rien à signaler sur la longueur. La chaussure propose un volume intérieur suffisamment important pour accommoder plusieurs formes de pieds, sans pour autant créer beaucoup de dead space. Ajoutez à ça un talon généreusement rembourré et surtout cette sorte de chaussette interne qui vient épouser directement la forme du pied et combler les éventuels espaces restants.

C’est là toute la force de cette construction : elle est extrêmement universelle. La chaussure s’adapte rapidement à un large spectre de formes de pieds et finit presque par donner une sensation de confort « customisé ». En contrepartie, il faut fournir un tout petit peu plus d’effort pour enfiler la chaussure. Rien de dramatique, mais ça mérite d’être relevé. Cette construction signifie également qu’il n’y a pas de languette traditionnelle. On retrouve simplement ce chausson interne entre le pied et les lacets.

Il faudra donc éviter de serrer excessivement au niveau du cou-de-pied. Sans véritable languette pour répartir la pression, un serrage trop important peut rapidement comprimer cette zone, réduire la circulation sanguine et créer de la fatigue.

Au niveau des matériaux, le upper me rappelle un peu les Foamposite de chez Nike : une enveloppe moulée en matière synthétique/plastique, doublée à l’intérieur par de la mousse. Ce n’est pas particulièrement léger ni souple au départ, c’est même plutôt rigide et ça ne se conforme pas aux mouvements du pied dans un premier temps. Ça peut être frustrant mais avec un peu de patience et d’huile de coude le upper se fait et l’expérience devient bien plus plaisante. Cette construction participe aussi directement au maintien et au sentiment de sécurité de la chaussure.

Adidas Harden 10

Maintien et stabilité

Les modèles précédant cette Vol. 10 ont toujours prouvé leur valeur en termes de maintien et de stabilité. Le style de jeu agressif et proche du sol de James Harden s’est toujours ressenti à travers ses chaussures : une assise basse, une plateforme stable et beaucoup de maintien latéral. Cette Harden Vol. 10 modifie légèrement la recette en arrondissant les bordures de la semelle extérieure.

Sur le papier, ça réduit légèrement la surface de contact avec le sol et pourrait donc donner une chaussure moins stable. Mais dans les faits, cet arrondi reste suffisamment léger pour apporter juste ce qu’il faut d’agilité sans réellement sacrifier la stabilité. La surface de contact statique n’est donc pas particulièrement large, mais une fois en mouvement et sous la charge, la chaussure vient progressivement poser davantage de gomme au sol au fur et à mesure que le pied déroule son appui.

L’assise très basse et le court feel prononcé renforcent encore cette sensation de connexion avec le terrain et de stabilité. Latéralement, aucun problème. Le upper en façon “cage”, n’offre pratiquement aucun stretch et maintient efficacement le pied sur le footbed lors des changements de direction. La semelle intermédiaire complètement encapsulée joue également un rôle important. Associée à la plaque de stabilité bottom loaded et à la coque externe de stabilisation au talon, elle forme un ensemble extrêmement structuré autour du pied.

C’est d’ailleurs probablement le paradoxe de cette Harden Vol. 10 : la plateforme gagne légèrement en agilité grâce à ses bordures plus arrondies, tout en conservant ce sentiment de maintien et de sécurité qui caractérise la ligne depuis plusieurs générations.

Verdict

La Harden Vol. 10 reprend une recette maintenant bien connue, mais continue de l’affiner. Son excellent fit, son maintien et son assise proche du sol en font une paire particulièrement sécurisante. L’amorti demande en revanche du temps et surtout suffisamment de puissance dans les appuis pour réellement s’exprimer. Une chaussure qui prendra surtout son sens pour les joueurs puissants et explosifs recherchant, court feel et agilité.

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