Test Nike KD 19 : le poids ne raconte pas toute l’histoire

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628 grammes

C’est le poids de ma KD 19 en taille US 14, 48.5 EU. Sur le papier, le chiffre fait peur. Et visuellement, la chaussure ne cherche pas vraiment à le cacher : elle est massive, presque imposante. Pourtant, après plusieurs temps à jouer avec, son poids est probablement l’une des choses qui m’a le moins dérangé et c’est justement ce qui rend cette KD 19 intéressante. Elle est presque l’exemple parfait d’une chaussure qu’on pourrait mal juger simplement en regardant sa fiche technique.

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Une très bonne traction, avec quelques limites

La traction est globalement très bonne. Sur un terrain propre, je n’ai pas grand-chose à lui reprocher. La gomme offre suffisamment de mordant pour attaquer ses appuis avec confiance et la stabilité générale de la chaussure permet vraiment d’en profiter. Elle reste légèrement sensible à la poussière et demande quelques essuyages lorsque le terrain devient sale. Dans la majorité des situation ça accroche assez fort le sol et c’est fiable. Il n’y a eu que sous humidité qu’elle a eu du mal, ou la perte d’adhérence se ressent particulièrement sur les arêtes de cette semelle assez anguleuse. Et le combo perte d’adhérence + court feel éloigné c’est pas rigolo niveau confiance dans les appuis cheville…

C’est pas rédhibitoire dans des conditions normales, mais c’est quelque chose que j’ai expérimenté. Et cette géométrie assez cubique de la semelle a également une autre conséquence. La KD 19 n’est pas particulièrement fluide sur les attaques talon. Là où certaines chaussures accompagnent naturellement le déroulé du pied, elle donne une sensation un peu plus marquée, pas mécanique mais dans l’idée. Pour quelqu’un qui attaque beaucoup du talon ou qui cherche une transition extrêmement fluide, ce n’est clairement pas son point fort, mais ça s’améliore grandement avec le temps et finit par s’assouplir.

Nike KD 19

628 grammes… mais un amorti étonnamment réactif

Oui, la KD 19 est lourde. Très lourde même. Mais une fois en mouvement, je n’ai jamais vraiment eu l’impression de devoir traîner la chaussure avec moi. Le poids me semble plutôt bien distribué et surtout, il est accompagné par un setup d’amorti particulièrement dynamique qui permet à la paire de rester réactive. On retrouve un Zoom Strobel sur toute la longueur du pied, directement sous celui-ci, associé à du Cushlon 3.0. Et le ressenti est assez particulier. Le pied vient d’abord s’enfoncer assez profondément dans le Zoom Strobel. Celui-ci compresse à son tour légèrement le Cushlon 3.0 avant que l’ensemble ne restitue l’énergie accumulée. C’est presque une sensation en deux temps.

Nike KD 19

D’abord l’amorti. Ensuite le rebond.

Et je trouve que ce léger délai décuple justement la perception de propulsion. Ce n’est pas seulement une semelle qui rebondit immédiatement sous le pied. On sent vraiment la compression se produire avant de sentir l’énergie revenir. C’est très fun, très vivant et ça donne énormément d’informations sous le pied. Peut-être même trop pour certains joueurs. Entre la compression, le Zoom, le rebond et la rigidité générale de la plateforme, il se passe constamment quelque chose sous le pied. Pour quelqu’un qui préfère une chaussure discrète ou naturelle, ça peut presque devenir overwhelming. Mais pour un joueur explosif qui aime sentir sa chaussure travailler sous lui, c’est vraiment intéressant.

Cette rigidité participe d’ailleurs selon moi à l’explosivité de la paire. Le pied vient compresser l’amorti dans une enveloppe qui se déforme relativement peu. On a donc cette sensation que l’énergie est contenue avant d’être restituée. Mais c’est aussi à double tranchant. La KD 19 n’est pas particulièrement naturelle aux pieds. La plateforme est rigide, le upper est rigide et toute la construction donne cette impression d’avoir une véritable structure autour du pied. Le court feel aussi est plutôt éloigné, on a pas mal de matière sous le pied et le setup d’amorti demande forcément un peu d’espace pour fonctionner.

Nike KD 19

Un upper qui rappelle presque une Foamposite

Le upper est entièrement moulé d’une matiere plastisue, un peu comme sur les Foamposite. On retrouve énormément de matière synthétique et plastique, mais surtout une quantité impressionnante de rembourrage à l’intérieur. Pas avec la même rigidité extrême que la Foamposite non plus, ici, les matériaux sont beaucoup plus souples et moelleux, mais on retrouve cette même sensation d’avoir une véritable coque autour du pied. Et à l'intérieur, Nike a presque tout rembourré. Le talon est rembourré. La cheville est rembourrée. La languette est ultra épaisse.

C'est cozy, confortable et presque excessif. Sauf que tout ce confort prend de la place, beaucoup de place, j’avais au début l’impression que mon pied était littéralement dans un étau. Entre le rembourrage intérieur et l’épaisseur du upper, le volume disponible à l’intérieur de la chaussure est fortement réduit. Les orteils sont comprimés, il y a très peu d’espace disponible et le serrage continue sur une bonne partie du coup de pied.

Au premier essayage, monter d’une demi-taille paraît presque évident, mais après plusieurs sessions, j’en suis beaucoup moins convaincu. Le rembourrage se tasse progressivement et vient épouser le pied au fur et à mesure des sessions. Le upper travaille également et l’espace disponible augmente petit à petit.

Avec du recul, pour un pied fin ou standard, je pense qu’il peut être intéressant d’être patient et de rester sur sa taille habituelle. Parce que monter systématiquement d’une demi-taille pourrait régler le problème des premières sessions… pour potentiellement en créer un autre une fois la chaussure complètement faite. Et notamment au talon. Pour les pieds larges en revanche, je serais beaucoup plus enclin à conseiller de monter d’une demi-taille, voire d’une taille pour d’autres.

Maintien et stabilité : une paire qui demande de la patience

C’est probablement la partie la plus frustrante de mon expérience avec cette KD 19. Comme assez souvent avec les KD, j’ai ressenti un maintien du talon assez léger. Mais ici, ce n’est pas forcément un seul élément qui pose problème. C’est l’addition de plusieurs petites choses, le chaussant est relativement large au talon, la coque interne n’est pas particulièrement renforcée, le rembourrage se tasse progressivement et crée de l’espace. La rigidité de la chaussure fait aussi que le pied continue parfois son mouvement à l’intérieur alors que la chaussure, elle, reste beaucoup plus fixe. Résultat : heel slippage. Et ce qui rend le processus encore plus compliqué, c’est que le fit évolue constamment pendant le break-in (ou période de “casse” de la chaussure neuve). J’ai régulièrement dû refaire mes lacets pour retrouver le bon lockdown. Et même les lacets n’aident pas vraiment étant légèrement élastiques, ça les rend plus difficiles à verrouiller parfaitement, mais aussi plus enclins à se détendre.

Il faut donc accepter de passer par une vraie période d’adaptation. Mais si le maintien du talon peut être frustrant, la stabilité générale de la KD 19 est à l'inverse excellente, et c’est assez impressionnant compte tenu de la hauteur de la plateforme et son court feel éloigné. On est assez loin du sol, mais je n’ai quasiment jamais eu de problème de confiance dans mes appuis. La plateforme est large, et la robustesse de la chaussure stabilise les appuis. Et je me suis toujours senti bien maintenu sur le footbed latéralement notamment à l’avant pied.

Une chaussure qui récompense la patience

Une fois la période de rodage passée, la KD 19 devient vraiment fun, On peut enfin des la première seconde profiter pleinement de ce qui rend cette chaussure intéressante : son amorti. Plus je l’ai portée, plus j’ai compris la logique derrière sa construction. La rigidité qui me dérangeait au départ participe finalement à ce sentiment d’explosivité et le poids que j’imaginais pénalisant passe au second plan. Et l’amorti prend complètement le dessus dans l’expérience. C’est une paire qui demande beaucoup avant de vraiment montrer ce qu’elle sait faire.

Une KD différente, mais toujours une KD

Finalement, malgré son apparence et sa construction assez particulières, je retrouve beaucoup de l’ADN de la ligne KD:

• Un amorti poussé.

• Une très bonne stabilité.

• Une chaussure qui laisse suffisamment de liberté de mouvement

Mais le packaging est différent cette fois, la KD 19 est grosse, rigide, très rembourrée et parfois presque excessive dans les sensations qu’elle renvoie. Il faut lui laisser du temps, et je pense que c’est probablement ce qui divisera le plus sur cette paire. Parce qu’après le break-in, j’ai découvert une chaussure beaucoup plus intéressante que celle que j’avais aux pieds pendant mes premières sessions.

628 grammes sur la balance, mais beaucoup moins sur le terrain

La KD 19 montre parfaitement pourquoi les chiffres ne racontent jamais toute l’histoire d’une chaussure. C’est une paire qui devrait particulièrement parler aux joueurs explosifs et puissants qui cherchent beaucoup de protection, énormément de retour d’énergie et une plateforme capable de rester stable lorsqu’ils mettent beaucoup de force dans leurs appuis. Mais aussi tous les curieux et amateurs d’amorti maximaliste. À condition d’accepter de lui laisser le temps de devenir vraiment bonne.

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