
Le test de la Puma MB.06 : une relance de la ligne ?
Après plusieurs modèles aux performances parfois inégales, la ligne signature de LaMelo Ball avait besoin de retrouver un peu d’élan. Pour cette MB.06, Puma change pas mal de choses : une silhouette plus racée, un retour à des solutions plus simples pour la traction, mais surtout une nouvelle construction drop-in qui vient complètement modifier les sensations sous le pied. Pas vraiment un nouveau départ donc, mais peut-être la relance dont la ligne avait besoin.
Traction
Après des années de storytelling et des performances parfois mitigées au niveau du grip, Puma revient ici à quelque chose de plus simple et surtout plus fonctionnel. On part donc sur des motifs à chevrons, historiquement éprouvés et fiables, avec une gomme assez épaisse et rigide. Cette gomme semble clairement faite pour encaisser l’abrasion et durer dans le temps. Le problème, c’est que ce type de gomme plus costaud manque aussi parfois de mouvement et de souplesse pour réellement mordre le sol. Et Puma a quand même quelques antécédents négatifs à ce niveau, notamment avec ses gommes opaques, souvent moins performantes que leurs versions translucides. Problème de fournisseur ? De formulation ? Peu importe ici, puisque malgré mes craintes, le grip a super bien fonctionné.
Ça ne squeak que très peu dans un premier temps, mais les arrêts sont toujours ultra précis. Au fur et à mesure des sessions, la gomme chauffe, s’assouplit et finit même par apporter un peu plus de squeak. J’ai quand même eu quelques frayeurs sur la poussière, où on sent que cette gomme opaque manque parfois d’un peu de mordant, mais également sur l’humidité. Notamment au talon (j’y reviendrai dans la partie amorti) qui ne se compresse pas par l’extérieur. Cette rigidité, lorsqu’on attaque le sol dans de gros angles, peut parfois laisser la chaussure se dérober et nous envoyer faire un petit grand écart. Ça fait un peu peur dit comme ça, mais dans la réalité de mon expérience, j’ai trouvé la traction très fiable et précise. Elle a surtout contribué à me donner pleinement confiance dans mes appuis.

Amorti
Le plus gros changement se trouve ici. Fini la construction classique : semelle extérieure, semelle intermédiaire, strobel, upper. On passe ici sur un modèle de type drop-in. La chaussure devient donc une sorte de coque vide dans laquelle on vient insérer une semelle intermédiaire amovible qui va servir à la fois d’amorti et de maintien en torsion. Sans elle, il n’y a tout simplement pas de chaussure.
À quoi ça sert ? Principalement à mettre le pied directement en contact avec l’amorti, mais également, grâce à la compression de cette semelle indépendante du reste de la chaussure, à rapprocher le pied du sol et augmenter les sensations. Contrairement à une Kobe 8 par exemple, qui exposait une partie de sa semelle intermédiaire malgré la présence d’un drop-in interne, ici la semelle est complètement encapsulée dans la coque.
Sur la Kobe 8, cette construction permettait à la chaussure d’accompagner davantage la compression du drop-in, ce qui fluidifiait notamment la foulée et la transition talon-pointe. Sur la MB.06, l’enveloppe externe ne se compresse quasiment pas. Le talon comporte notamment une plaque/coque de maintien interne qui descend pratiquement jusqu’au sol. Forcément, lorsqu’on attaque avec le talon, on manque un peu de naturel et ça donne presque un petit effet « botte » et mécanique, dans la même idée que ce que j’ai pu ressentir sur une Kobe 9-10-11 ou une LeBron 23. Rien de rédhibitoire pour autant. La mousse utilisée n’est pas spécifiée. En termes de sensations, elle me fait penser à du ReactX de chez Nike, mais légèrement plus dense, un peu plus rigide et avec davantage de retour d’énergie.
La semelle est relativement épaisse, donc le court feel paraît aussi un peu filtré dans un premier temps et on se sent plutôt protégé. C’est surtout une fois en mouvement que ça devient intéressant. Sous mon poids et sur les appuis dynamiques, j’ai senti mon pied s’enfoncer dans l’amorti sans que celui-ci ne vienne complètement s’écraser. Juste assez pour me rapprocher du sol et gagner en sensations sur les répétitions d’appuis et les changements de direction. On obtient finalement un super compromis entre court feel et protection des chocs.
Le feeling sous le pied est vivant, avec un retour d’énergie intéressant sans jamais tomber dans quelque chose de trop moelleux. Mes articulations fragiles n’ont pas sifflé après mes sessions terrain, donc la protection des impacts est selon moi plutôt bonne. Attention au début, la texture et les dessins sur la semelle intermédiaire ont été un peu inconfortables sous le pied, ça permet d’accrocher la chaussette et augmenter la sensation de maintien, mais ça m’a aussi un peu gêné sur les tout premiers appuis. Enfin, en un mot : FUN !

Fit et matières
Avec les modèles LaMelo Ball, j’ai souvent en tête : pieds larges, pieds volumineux. Les deux derniers modèles notamment étaient assez balèzes et spacieux en interne. J’ai trouvé la MB.06 beaucoup plus racée, tout en conservant énormément de confort — une des grandes forces des modèles Puma en général. Tout l’intérieur du upper est doublé d’une matière moelleuse et rembourrée. Le padding au talon n’est pas excessif : juste assez présent pour venir épouser confortablement l’arrière du pied. Et c’est vraiment la première chose que j’ai ressentie en l’enfilant : on est bien dedans. C’est hyper confortable.
Je pense que les pieds larges seront toujours bien servis. Le renfort plastique latéral sur le upper laisse suffisamment d’espace pour ne pas venir presser excessivement la partie externe du pied. En longueur, je suis parti sur mon 14 US habituel et tout est OK de ce côté-là. La coupe plus racée apporte surtout un fit beaucoup plus précis. Ce n’est pas un chaussant suffocant en épaisseur, il reste suffisamment d’espace pour que le pied vive, mais j’ai senti le upper constamment en contact avec mon pied. Ça donne une expérience beaucoup plus naturelle.
Au niveau des matériaux, le upper est principalement construit en mesh, avec une matière qui me rappelle le jacquard utilisé sur d’anciens modèles comme la adidas Dame 2 ou encore la Crazylight Boost 2016. C’est suffisamment malléable pour accompagner le mouvement du pied, mais suffisamment costaud pour ne pas se déformer ou se stretcher sur les changements de direction.

Maintien et stabilité
La plateforme sous le pied n’est pas la plus large, notamment au talon qui reste assez étroit. La compression de la semelle drop-in interne, indépendante de la « coque » ou enveloppe de la chaussure, peut également donner un peu de mouvement latéralement et accentuer cette sensation d’instabilité. Les joueurs avec des appuis très ancrés au sol, moins dynamiques, pourront peut-être davantage ressentir cet effet sous le pied. Mais la MB.06 possède aussi plusieurs arguments intéressants pour la stabilité :
une coque de maintien au talon super rigide ;
un pied relativement proche du sol ;
aucune compression de la semelle par l’extérieur, avec une enveloppe qui reste donc structurellement très stable.
La plateforme cherche finalement à trouver un compromis entre agilité et stabilité, avec une base moins large qui épouse davantage la forme naturelle du pied. Au niveau du maintien, on retrouve encore une fois le fameux storytelling fonctionnel de Puma. Le logo « 1 » en plastique vient former une sorte de mur tout autour de la chaussure et permet de sécuriser le pied sur le footbed lors des arrêts et changements de direction. J’ai aussi particulièrement aimé le laçage.
Il commence assez fin à l’avant, s’élargit au médio-pied puis vient de nouveau se resserrer au niveau de la cheville. C’est une construction plus anatomique qu’un laçage traditionnel, qui permet de mieux répartir la pression sur toute la longueur du pied et d’obtenir un très bon maintien sans jamais suffoquer. La découpe autour du dernier passant est également particulièrement intéressante. Elle permet de bien plaquer le pied contre l’arrière de la chaussure, tout en laissant suffisamment de mouvement à la matière pour accompagner le pied. Un peu dans la même idée que sur la Kobe 8. Ça évite justement certaines incohérences de construction qui peuvent créer du jeu au talon et provoquer du heel slippage une fois en mouvement. Enfin, la chaussure est SOUPLE. La MB.06 est robuste, mais n’offre quasiment aucun spring back structurel. On retrouve plutôt un équilibre entre cette souplesse, le peu d’explosivité apporté par la structure et le côté vivant de l’amorti.
Verdict
La MB.06 relance la ligne LaMelo Ball avec une paire plus racée, confortable et surtout très fun à jouer. La construction drop-in apporte un amorti vivant qui trouve un très bon compromis entre protection et retour d'énergie, tandis que le fit plus précis et la grande souplesse de l’ensemble la rendent agile pour une chaussure protectrice. Quelques limites de stabilité selon le type d’appuis, mais une paire équilibrée et facile à jouer. Je la conseillerais un peu à tout le monde, sauf les joueurs recherchant exclusivement de l’explosivité.