Le test de la Nike Ja 4 : bis repetita ?

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Malgré les péripéties par lesquelles est passé Ja Morant la saison dernière, on pourrait être à même de croire qu’il y aurait eu des répercussions sur les ventes de sa chaussure signature, la Ja 3. Que nenni !!!

Banger mémorable, la Ja 3 a pris le marché de court et challengé toute la concurrence. Certains éléments de la paire étaient pourtant assez décevants je trouve, notamment la traction sur gros arrêts et poussière, le zoomX qui lâche au talon, le fit suffocant ou encore le maintien latéral très, très moyen. Les attentes autour de cette Ja 4 sont donc partagées : il y a l’anticipation autour de la succession d’un modèle adoré par la communauté, et un peu de pessimisme quant à l’annonce de technologies modifiées, voire descendues en gamme si on peut dire. Alors niveau performance, la Ja 4, elle vaut quoi ?

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Traction

La traction semble être une évolution de celle de la saison dernière. On dirait qu’on a dézoomé sur les motifs « Logo Ja » de la traction pour obtenir ces petits triangles individuels. Le grip offert par cette Ja 4 est très bon en règle générale, (surtout en sortie de boîte !), et semble avoir de la constance sur les différents sols, même si la poussière a été un frein sur certaines séquences. La poussière n’affecte pas la traction au point de créer de grosses glissades, mais assez pour être imprécis et se montrer énergivore sur les changements de direction. Il faut assez souvent wiper la semelle pour enlever la poussière, sans grosse difficulté. Latéralement, c’est là où la traction montre son plus gros point fort. Le mordant est presque instantané, et l’arrondi de la semelle sous la pointe médiale du pied encourage le pied à rester au contact du sol dans des angles importants et donc à jouer avec beaucoup d’agilité.

En revanche, d’avant en arrière, j’ai eu plus d’imprécision. C’est pourtant là où j’ai également relevé le plus de squeak ! Comme quoi, ça reste psychologique. À chaque fois que mon pied s’est planté dans le sol sur cet axe — encore plus si l’entièreté de mon poids n’était pas sur mon appui — j’ai senti la chaussure glisser sur 1 ou 2 cm avant de vraiment s’arrêter. C’est dommage, car une traction plus incisive sur ces mouvements et surtout plus prédictible aurait permis à la chaussure de prendre une plus grande dimension et de devenir élite dans cette catégorie. Ce qui m'inquiéte un peu plus c'est sa durabilité, autant sur la résistance de la gomme que la sensibilité à la poussière. La chaussure ne s'est pas améliorée au fil des sessions, ça a plutôt été le contraire.

Nike Ja 4

Amorti

La plus grande discussion autour de la sortie de la Ja 4 a été autour de son set-up d’amorti. La Ja 3 avait régalé avec sa semelle intermédiaire en ZoomX + ZoomX recyclé sur toute la longueur. Excitant sur le papier, en pratique moins performant sur le terrain : excellent confort et retour d’énergie, mais stabilité limitée et maintien latéral quasi inexistant pour moi parce que beaucoup trop de compression. Beaucoup d’utilisateurs ont aussi éclaté l’amorti au talon, sûrement au niveau de la jonction avec le ZoomX recyclé qui sautait.

Donc en soi, pas le top, et aussi probablement de grosses pertes pour Nike. Le 4e modèle tente de rectifier le tir, mais ça a été accueilli comme un pas en arrière et une baisse de gamme. La semelle intermédiaire passe cette fois sur du Cushlon 3.0, associé à une semelle de propreté « SPRPWR », utilisant une mousse supercritique de type ZoomX. Un nom beaucoup moins ronflant, décevant pour les amateurs d’amorti souple et vivant sous le pied, mais aussi beaucoup plus jouable sur le terrain pour une grande partie des joueurs.

La semelle intermédiaire en Cushlon 3.0 est naturellement soft et souple, mais elle est ici encapsulée dans le upper côté latéral et semi-exposée côté médial. Elle va donc apporter ses capacités d’absorption des chocs, mais la sensation générale reste celle de l’explosivité et du dynamisme, de par la construction générale de la paire plutôt rigide, associée au retour d’énergie immédiat sous le pied de la semelle de propreté "SPRPWR". La vraie différence avec les anciens modèles réside dans le fait qu’on sente la paire un peu plus « bottom heavy » sous le pied. On a donc une semelle au feeling assez ferme sous le pied, avec un très léger retour d’énergie, qui va favoriser le rebond de la foulée et la réactivité. Le court feel est dans la bonne moyenne.

Nike Ja 4

Fit et matières

La ligne signature de Ja Morant est réputée pour son fit très serré, mais la 3 a battu des records. La toute première chose que j'aime observer, c'est a quel point c'est facile d'enfiler son pied dans la paire, c'est toujours agréable et un confort supplémentaire. On revient à quelque chose de légèrement plus traditionnel. Le volume au médio-pied et au talon a été augmenté par rapport à la 3. La tige de la chaussure évolue aussi pour remonter un peu plus haut sur la malléole. Ce choix a également un impact sur le fit.

Les matières utilisées sont plutôt cheap (upper en feutrine doublée d’un fuse rigide, languette plastifiée), le rembourrage est basique (mousse aérée, pas de mémoire de forme, peu de densité) et la shape très peu sculptée autour du talon. Avec la coupe plus orientée « mid », ça laisse un peu plus de jeu autour du talon, donc un fit moins ajusté, en tout cas dans un premier temps. En revanche, à l’avant-pied, c’est très serré. Les pieds larges peuvent suffoquer aux orteils. Attention au « A » — empiècement à l’avant en forme de A pour former « Ja » avec le Swoosh — latéral qui peut presser sur la base du 5e métatarse. « Qui peut », ça n’a pas été le cas pour moi en tout cas.

La chaussure au départ est vraiment rigide. Entre les matières cheap, la robustesse générale de la plateforme et ses renforts sous le pied, les premières sessions ne sont pas des plus confortables ou fluides. Après un peu de patience, l’avant-pied devient beaucoup plus flexible et le upper, avec l’humidité et la chaleur du pied, devient de plus en plus malléable, tout en restant toujours de nature robuste… et cheap. Cette évolution contribue à avoir un fit plus ajusté au fur et à mesure des sessions — et du resserrage des lacets — et à être beaucoup plus connecté à la chaussure lors des arrêts ou changements de direction. La plupart des joueurs devraient s’en sortir avec leur taille habituelle. Les pieds larges, notamment au niveau des orteils, devraient s’orienter vers ½ taille au-dessus. Pour les pieds larges au médio-pied, je conseillerais de prendre sa taille habituelle et de donner du temps à la chaussure, ou de l’essayer en magasin pour vérifier le fit au niveau du « A ».

Nike Ja 4

Maintien et stabilité

Souvent lié au fit, le maintien évolue avec la façon dont la chaussure se fait dans le temps et se conforme au pied. Ici, le maintien à l’avant-pied est excellent. Entre le fit serré, la présence d’un outrigger (aileron de stabilité sous la semelle extérieure) et le « A » en plastique rigide, on sent le pied engoncé, mais surtout retenu lors des arrêts et changements de direction. Tout particulièrement au niveau du « A » remontant haut sur le upper, sur lequel le pied vient se plaquer et se faire retenir sur le footbed. À l’arrière, le choix des matières et la shape utilisée créent un peu de dead space (zone d’espace libre autour du pied) autour du talon et de la cheville en général.

Ces petits espaces créent des mouvements dans la chaussure qui font sentir un petit manque de maintien à l’arrière. Le pied est sécurisé, mais garde un peu de liberté. J’ai relacé et relacé mes chaussures, jusqu’à perdre ma circulation sanguine, mais cette sensation n’est jamais complètement partie. Au niveau de la stabilité, la shape générale de la plateforme sous le pied a été revue pour améliorer ce point. La partie latérale de la semelle est plate et la semelle intermédiaire est complètement encapsulée dans le upper à cet endroit. Ça empêche le Cushlon de trop se compresser et d’encourager le pied à se tordre vers l’extérieur. Pas mal sur ce point, mais la plateforme n’est pas des plus larges. On dirait que le strict minimum a été apposé sur cette chaussure pour pouvoir favoriser le mouvement et l’agilité.

En effet, plus la base est large, plus on est stable, mais plus la chaussure est également « déconnectée » de la forme du pied et de ses mouvements naturels. Essayez de jouer au basket avec une paire de raquettes à neige pour voir. La stabilité, du coup, ça fait le job, mais c’est clairement pas son plus gros point fort.

Verdict

La Ja 4 donne presque l’impression que Nike a voulu corriger les excès de la Ja 3 plutôt que chercher à la surpasser sur le papier. C’est d’ailleurs là que la Ja 4 prend tout son sens : dans le mouvement. Elle n’a ni la plateforme la plus stable, ni l’amorti le plus spectaculaire, ni même une traction totalement irréprochable, mais elle permet de prendre des angles importants, de changer rapidement de direction et de rester relativement proche du sol sans avoir énormément de matière qui vient contraindre les mouvements du pied.

La Ja 4 est donc moins spectaculaire que la Ja 3, mais probablement plus pertinente pour une majorité de basketteurs de tous les jours. Une paire simple, au design (je trouve) vraiment excellent, pour un peu monsieur tout le monde.

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