
Le test de la Anta Kai 3 : Quand c’est bon… c’est bon !
Déjà le 3e modèle signature de Kyrie Irving chez Anta, et l’ADN de sa ligne signature n’est plus à prouver : des chaussures proches du sol, protectrices et agiles. Sur cette itération, la recette reste la même, mais avec quels ingrédients ?
Traction
Visuellement, la gomme de cette Kai 3 mise sur le storytelling : on y voit son logo et ça part un peu dans tous les sens. Les motifs de cette traction sont plats. Tous les motifs texturés ou plus pointus demandent généralement un temps pour que la traction se fasse. Ici, la surface lisse permet à la chaussure de contacter le sol de façon super uniforme et de laisser la gomme faire son boulot. Et la gomme, elle fait très bien le boulot ! C’est une traction fiable, qui met en confiance, même si je n’ai pas senti la gomme mordre le sol avec une agressivité aussi intense qu’une Curry Flow, par exemple.
En termes de poussière, elle ne s’accumule pas trop dessus. Le grip observé après l’accumulation de la poussiere se montre moins précis, mais pas dangereux. Je trouve que cette gomme n’est pas très affectée par la poussière : des essuyages réguliers sous la semelle et on est bons. La Kai 3 ne fait pas partie de ces chaussures qui grippent le sol toutes seules, avec un squeak très prononcé. La traction fonctionne le mieux lorsqu’on est intentionnel sur ses appuis et qu’on y met beaucoup de charge. Ça permet de ne jamais se faire surprendre et de rester en contrôle sur ses appuis sans subir la chaussure.

Amorti
En ce qui concerne l’amorti, Anta mise sur ce qui se fait de mieux en ce moment : une mousse à procédé supercritique à l’azote, qu’ils appellent la mousse N2. Cette mousse contient en son centre une plaque de maintien de médio-pied. Ce placement permet de maximiser les bénéfices d’un compromis entre la souplesse et la compression encouragées par une plaque de maintien inférieure (bottom loaded), et le retour d’énergie encouragé par une plaque de maintien placée par-dessus la semelle intermédiaire (top loaded).
Le feeling au pied se traduit par une foulée hyper fluide. Le talon se compresse bien à l’extérieur de la semelle intermédiaire, mais c’est à l’intérieur que tout se passe. La semelle de propreté en mousse N2, ainsi que le strobel board perforé en tissu, favorisent une compression directe sous le pied, qui va venir s’y enfoncer. L’avantage ici, c’est que le court feel est très prononcé : on est parmi les paires les plus proches du sol du marché. L’arrondi de la semelle intermédiaire aide également au niveau de la sensation d’agilité.
La protection des chocs est dans la moyenne. Les impacts sont bien redistribués dans la semelle, mais la nature élastique de la mousse tend plus vers le retour d’énergie que vers l’absorption des chocs. Cependant, ce n’est pas une chaussure à fort profil explosif. La souplesse de la semelle intermédiaire et des matériaux encourage plutôt les mouvements contrôlés, la réactivité et la fluidité.

Fit et matières
La plus grande différence entre les Kai de chez Anta et les Kyrie de chez Nike, c’est au niveau du fit. Sa ligne signature chez Anta accommode bien mieux les pieds volumineux, ce qui en fait une paire plus polyvalente. Pourtant, ça n’empêche pas la chaussure, dans sa construction, d’être sculptée et racée. Un peu comme on a pu le voir sur la Volanti Rocket Air. Le fit de cette Kai 3 est pensé pour aller au maximum de joueurs possible. Mon pied fin s’est retrouvé légèrement lâche dans la chaussure après une bonne période d’utilisation. Je recommanderais aux pieds les plus fins de prendre ½ taille en dessous pour garder un fit le plus ajusté possible après que le upper se soit élargi et conformé aux mouvements du pied.
Le upper, justement, est fait d’une première couche extrêmement fine de mesh. On distingue les fils individuels et on voit presque à travers. Ils sont entrecoupés de fils en TPU qui apportent un peu de structure, mais la vraie structure vient de « l’exosquelette » qui se trouve sous le mesh. C’est une ossature en fuse — un matériau plastique chauffé puis pressé sur le upper pour le renforcer — stratégiquement placée pour soutenir le pied en mouvement. Le tout est doublé d’un chaussant interne pour apporter du confort. C’est finalement le best of both worlds : un mesh extrêmement fin pour conserver de la légèreté et de la respirabilité, des renforts en TPU et un exosquelette en fuse pour apporter de la structure et du maintien, puis un chaussant interne doublé pour préserver le confort. Et en parlant de confort, c’est le gros point fort de cette chaussure. Le choix des matières utilisées pour le rembourrage est fabuleux. On a droit à une mousse de type néoprène/gel qui vient envelopper le pied et lui faire un gentil câlin.
Cette mousse est présente dans la languette et dans les coussinets au talon. Ceux-ci sont super prononcés et viennent combler les espaces vides restants autour du pied. Confort incroyable et sensation de protection très satisfaisante, sublimée par le poids contenu de la chaussure : 477 grammes en taille US 14 / EU 48.5. C’est plus léger que la moyenne de mes chaussures et c’est un plus très appréciable

Maintien et stabilité
Toujours un point fort des chaussures signature de Kyrie Irving : un gros maintien pour contenir ses changements de direction et beaucoup de stabilité. La Kai 3 ne déroge pas à la règle. Le pied est fortement maintenu sur le footbed et reste sécurisé. La sensation de stabilité accrue est le résultat de la combinaison entre une plateforme large et plate et un court feel très prononcé.
On peut voir l’intention de performance derrière certains choix de design qui paraissent, à première vue, purement esthétiques. À l’avant-pied, sur la partie latérale, se trouve par exemple une sorte de zigzag : ces pics ou « dents » qu’on a souvent retrouvés sur presque tous ses différents modèles, excepté les Nike Kyrie 2 et 6 ainsi que la Anta Kai 1.
Cet empiècement en TPU remonte sur le upper et sert de cage pour garder le pied sur le footbed lors des changements de direction et des arrêts brutaux. Mais il permet aussi d’empêcher la semelle de se surcompresser à cet endroit et d’améliorer, par association, la stabilité et la réactivité de la paire.
Verdict
Quand c’est bon… c’est bon. La Anta Kai 3 ne cherche pas à réinventer la chaussure signature de Kyrie Irving. Elle reprend au contraire tout ce qui fait l’identité de sa ligne : un court feel très prononcé, beaucoup de stabilité, un excellent maintien. Mais Anta réussit surtout à rendre cette formule plus polyvalente. Le fit est plus accommodant que sur ses anciennes Kyrie chez Nike, le confort est excellent et la construction du upper réussit à combiner légèreté, souplesse et structure sans donner l’impression d’avoir une chaussure massive au pied.
L’amorti N2 accompagne parfaitement cette philosophie : il privilégie la fluidité, la compression sous le pied et la réactivité, tout en conservant énormément de sensations avec le terrain. Ajoutez à ça une traction fiable, et on obtient une chaussure extrêmement cohérente. La Kai 3 est une vraie chaussure de contrôle : proche du sol, stable, agile et confortable, pensée pour les joueurs qui veulent sentir leurs appuis et laisser leurs mouvements dicter le comportement de la chaussure plutôt que l’inverse.